déclaration congrès confédérale
Séverine ALLAIN
10 juillet 2026INTERVENTION DU SECRETAIRE DE L'UNION NATIONALE DE L'EAU.
Le 22 avril 2026
Chers Camarades,
Permettez-moi, avant toute chose, d'adresser un salut fraternel de la part des syndicats de l'Union Nationale de l'Eau et aux organisateurs de ce 26ème Congrès confédéral. Un merci tout particulier à l'Union Départementale de la Côte-d'Or, qui nous accueille ici à Dijon, ville de moutarde forte, des grands crus, mais aussi aux débats syndicaux riches.
Merci à la Confédération, merci à toi mon très cher Frédéric SOUILLOT et à chacun des congressistes présents dans cette salle. Votre présence, votre engagement, c'est la preuve vivante que Force Ouvrière est bel et bien la force du présent.
Je viens vous parler d'eau. Pas d'eau tiède ni d'eau de vie car il y a probablement de meilleur expert dans la salle.
Dans notre secteur, la question n'est pas simplement technique, elle est profondément sociale. Qu'un service d'eau soit géré en régie publique ou délégué à un opérateur privé, ce qui ne doit jamais être délégué, c'est la qualité des conditions de travail. Aujourd'hui, la coexistence de statuts hétérogènes entre les agents du public et les salariés du privé crée des inégalités de traitement inacceptables pour les métiers de notre profession. Force Ouvrière porte une exigence claire : le mode de gestion ne peut pas être un prétexte à l'abaissement des droits sociaux. Notre boussole, c'est la convergence vers le haut. Pas le moins-disant social. Nous revendiquons une équité de traitement dans les garanties collectives, les salaires, la protection sociale, les conditions de travail.
Le secteur de l'eau et de l'assainissement en France, c'est 140 000 travailleuses et travailleurs qui peuvent changer de public à privé ou inversement. Il s'activent chaque jour, dans les canalisations, les stations d'épuration, les centres de traitement, pour que chacun d'entre nous tourne son robinet sans y penser. Nous, on y pense. On y pense même quand on rentre chez soi à 23h après une astreinte. On y pense quand on doit lever seul un tampon d'assainissement qui pèse plusieurs dizaines de kilos.
Ce secteur est essentiel. Vital, au sens littéral. Et pourtant, la pénibilité y est réelle, massive, et trop souvent ignorée. Les troubles musculo-squelettiques, les expositions chimiques, le travail en espace confiné, les horaires décalés, les astreintes permanentes. Voici le quotidien de nos camarades. Alors que la réforme des retraites a déjà fragilisé des milliers d'entre eux. C'est une dette de la société envers ceux qui lui garantissent la gestion des services essentiels à nos concitoyens.
Et parlons de ce que l'on n'entend pas encore assez : la santé mentale. L'isolement des équipes terrain, la pression des astreintes, la charge mentale d'une responsabilité aussi fondamentale que la qualité de l'eau, tout cela pèse. Les risques psychosociaux ne sont pas des faiblesses individuelles. Ce sont des signaux collectifs que nous devons transformer en revendications concrètes. Force Ouvrière doit être à l'avant-garde de ce combat.
Aussi, en 2025 comme en 2026, la ressource en eau est devenue un enjeu de sécurité nationale et pourtant, ceux qui la protègent chaque jour ne bénéficient d'aucune reconnaissance particulière à la hauteur de cet enjeu. Nous exigeons que la transition climatique soit aussi une transition sociale : davantage de formations, des effectifs adaptés aux nouvelles réalités du terrain, et une reconnaissance de la charge supplémentaire que font peser les aléas climatiques sur nos collègues. Le monde politique qui nous parle de résilience des territoires c’est très bien. Mais la résilience, elle a un nom, deux bras, et une fiche de paie et cette fiche de paie doit être à la hauteur. FO est le syndicat de la fiche de Paie, oui ou non ?
Enfin, camarades, je veux vous parler de nous. De notre syndicat. Dans une société de plus en plus individualisée, fragmentée, où le lien collectif s'effiloche, où le salarié se croit seul face à son employeur, notre rôle est plus crucial que jamais. Nous devons nous unir et nous moderniser. Être présents là où sont les travailleurs : sur le terrain, bien sûr, mais aussi sur les outils numériques, dans les discours accessibles, dans les formats qui parlent aux jeunes et montrer que la négociation collective, c'est notre ADN. C'est notre force. Et cette force, nous devons la faire rayonner avec les outils d'aujourd'hui. Être syndiqué Force Ouvrière en 2026, c'est choisir l'avenir.
Alors oui, nous avons encore des batailles devant nous et nous les abordons debout, déterminés, et uni.
Vive la force. Vive Force Ouvrière. Vive le syndicalisme libre et indépendant.
Nouï BOURAHLI